Ernesto Rafael Guevara de la Serna, plus connu sous le nom de Che Guevara ou Le Che (prononcer « tché »), né le 14 juin 1928 à Rosario, Argentine et exécuté le 8 octobre 1967 à La Higuera (Bolivie), est un révolutionnaire marxiste et homme politique d'Amérique latine, dirigeant de la guérilla internationaliste cubaine.
Alors qu'il est jeune étudiant en médecine, Guevara voyage à travers l'Amérique latine, ce qui le met en contact direct avec la pauvreté, dans laquelle beaucoup de gens vivent alors. Son expérience et ses observations pendant ces voyages l'amènent à la conclusion que les inégalités socio-économiques peuvent seulement être changées par la révolution. Cette conclusion le pousse à intensifier son étude du marxisme et à voyager au Guatemala afin d'apprendre des réformes entreprises par le président Jacobo Arbenz Guzmán, renversé quelques mois plus tard par un coup d'État appuyé par la CIA.
Peu après, Guevara rejoint le mouvement du 26 juillet, un groupe paramilitaire dirigé par Fidel Castro. Après plus de deux ans de guérilla, ce groupe prend le pouvoir à Cuba en renversant le dictateur Fulgencio Batista en 1959. Guevara occupe ensuite plusieurs postes importants dans le gouvernement cubain, échouant en partie dans l'industrialisation du pays, et écrit plusieurs ouvrages sur la pratique de la révolution et de la guérilla. En 1965, il quitte Cuba avec l'intention d'étendre la révolution au Congo-Léopoldville, sans succès, puis en Bolivie où il est capturé et exécuté sommairement par l'armée Bolivienne entraînée et guidée par la CIA.
Après sa mort, Che Guevara est devenu une icône pour les mouvements révolutionnaires marxistes du monde entier. Une photo de lui par Alberto Korda est considérée comme une des plus célèbres au monde
Les pensées de Che Guevara:
La révolution
Che Guevara considérait la lutte armée et la révolution socialiste comme le seul moyen d'améliorer les conditions de vie des pauvres d'Amérique latine, exploités par les Etats-Unis d'Amérique selon lui. Son point de vue révolutionnaire suivait ceux de Marx et Lénine, qu'il avait étudié exhaustivement.La révolution en Amérique Latine passait pour lui par la création de « foyers » de guerilla (focos) dans un pays où existaient des « conditions objectives » pour une révolution. Ces focos permettent de réunir les « conditions subjectives » pour un soulèvement général de la population. Il pensait qu'il y avait un lien étroit entre la guerilla, les paysans et la réforme agraire. Cette position différait de la pensée soviétique et se rapprochait des idées maoïstes.
L'homme nouveau
La révolution devait selon lui également s'accomplir au niveau individuel par la création d'un « homme nouveau ». L'individu de la société révolutionnaire doit chercher une récompense morale (solidarité et bien commun) et non matérielle. Pour lui, seule la récompense morale permet d'accéder au bonheur, la récompense matérielle étant l'apanage du capitalisme. Rechercher la récompense matérielle comme c'était le cas en Union Soviétique verrait l'échec de la révolution communiste. Le travail volontaire pour la communauté en plus de celui réalisé pour subvenir à ses besoins était un exemple des actions que devait entreprendre cet homme nouveau. Il permettait également aux dirigeants de rester en contact avec les réalités de la population.
Panaméricanisme et universalisme
Selon Che Guevara, les frontières d'Amérique latine étaient artificielles et représentaient un frein pour lutter contre l'impérialisme américain.
« nous croyons, et depuis ce voyage encore plus fermement qu'avant, que la division de l'Amérique latine en nationalités incertaines et illusoires est complètement factice. Nous sommes une seule race métissée, qui depuis le Mexique jusqu'au détroit de Magellan présente des similarités ethnographiques notables. »
Pour lui, la révolution était mondiale, elle était une lutte à mort contre l'impérialisme. Dans ce contexte, la solidarité mondiale était l'élément le plus important pour un monde meilleur.
« Surtout, soyez toujours capables de ressentir au plus profond de votre c½ur n'importe quelle injustice commise contre n'importe qui, où que ce soit dans le monde. C'est la plus belle qualité d'un révolutionnaire. »
Capture et exécution :
Les forces spéciales boliviennes sont notifiées du lieu du campement de la guérilla par un informateur. Le 8 octobre 1967, le campement est encerclé et Guevara est capturé alors qu'il mène un détachement avec Simeón Cuba Sarabia dans le ravin de Quebrada del Yuro. Il se rend après avoir été blessé aux jambes et la destruction de son fusil par une balle (son pistolet n'a alors pas de munitions). Selon certains soldats présents, il aurait crié : « Ne tirez pas, je suis Che Guevara et j'ai plus de valeur pour vous vivant que mort », mais ces allégations sont en totale contradiction avec son comportement lors de la guérilla cubaine qu'il voulait toujours exemplaire. Leur véracité est donc sujette à caution.[réf. nécessaire]
Barrientos ordonne son exécution aussitôt qu'il apprend sa capture. Même s'il n'a jamais justifié sa décision, des collaborateurs pensent qu'il ne voulait pas d'un procès public qui aurait attiré l'attention internationale non désirée sur la Bolivie. Il ne voulait pas non plus que le Che soit condamné à une peine de prison et qu'il puisse être relâché, comme Castro en son temps.
Le Che est donc emmené dans une école abandonnée dans le village voisin de La Higuera où il est détenu une nuit avant d'être exécuté sommairement au début de l'après-midi suivant. Il est exécuté par Mario Teràn, un sergent de l'armée Bolivienne, désigné par le hasard d'un tirage à la courte paille pour tuer Guevara.
Le Che reçoit de multiples tirs dans les jambes pour éviter de le défigurer (pour son identification ultérieure) mais aussi pour simuler des blessures de combat afin de tenter de masquer son exécution. Che Guevara eu quelques dernières paroles lors de son exécution: « Je sais que tu es ici pour me tuer. Tire, lâche, tu vas seulement tuer un homme. »[
Son corps est emmené par hélicoptère à Vallegrande, où il est exposé à la presse dans l'hôpital local[85]. Les photographies qui sont prises donnent naissance à des légendes telles que San Ernesto de La Higuera et El Cristo de Vallegrande]. Après son amputation des mains par un médecin militaire afin d'authentifier le corps, des officiers boliviens transfèrent son corps dans un endroit tenu secret.
La recherche de Guevara en Bolivie était dirigée par Félix Rodríguez, un agent de la CIA qui avait précédemment infiltré Cuba pour préparer l'invasion de la baie des cochons.
Celui-ci, engagé depuis juin 1967 pour traquer le Che, avait reçu l'ordre de le maintenir vivant pour l'interroger lorsque la CIA apprend la capture. Un hélicoptére et un avion furent affrétés pour pouvoir l'amener au Panamá mais le colonel Joaquin Zentena, commandant les forces boliviennes a dit qu'il n'avait d'autre choix que d'obéir à ses supérieurs.
Dans le récit qu'il fera plus tard, c'est lui qui annonce son exécution à Che Guevara. Ce dernier lui confie un message pour sa femme, les deux hommes s'embrassent puis Rodriguez quitte l'école.
Après son exécution, Rodríguez prend les possessions du Che, y compris sa Rolex, pour les montrer fièrement les années suivantes à des reporter. Aujourd'hui certaines de ses affaires, y compris sa lampe torche, sont exposées au siège de la CIA.
L'armée bolivienne, avec l'aide d'officiers américains et d'agents de la CIA, transporte le corps du révolutionnaire d'origine argentine dans le village de Vallegrande, où des médecins ont « préparé » la dépouille mortelle du Che avant de la présenter aux médias du monde.
Le 15 octobre, Castro reconnait la mort de Guevara et proclame 3 jours de deuil national. Sa mort est perçue comme un coup sévère porté à la révolution sud américaine et au Tiers-monde.
En 1997, les restes de Guevara sont exhumés et identifiés par analyse ADN, puis renvoyés à Cuba. Il est enterré avec 6 de ses compagnons d'arme de Bolivie dans un mausolée situé dans la ville de Santa Clara.